"Le nom de gomme laque donné à cette matière est tout à fait impropre, car c’est une résine. Certains auteurs disent qu’elle est produite dans les Indes orientales, où on la recueille sur certains arbres (figuier, jujubier, croton-porte-laque) ; les femelles d’un insecte (coccus lacca) viennent se poser sur ces arbres en grande quantité, au point qu’elles se soudent entre elles avec la résine qu’elles produisent. D’autres auteurs disent que la gomme laque est le produit d’exsudation de l’arbre, exsudation qui est provoquée par la piqûre de ces mêmes insectes à la surface des branches. Wurtz, dans son dictionnaire, dit que la femelle du coccus lacca pique la branche et s’ensevelit dans le suc qui en sort.
Les amas de résine sont détachés des branches et l’on ramasse les nombreux éclats qui tombent sur le sol. Ce produit brut s’appelle alors seedlac.
L’ensemble du produit est fondu, puis coulé sur des pierres plates, où il durcit ; il est alors recueilli facilement sous formes d’écailles. La fusion se fait à chaud, dans une eau alcaline, qui sépare la cire de la résine et décolore cette dernière plus ou moins fortement selon le degré alcalin du bain. De cette façon, on obtient la gomme laque blonde, brune ou orange. La cire surnage, et la gomme laque est précipitée par un acide sulfureux. Ces deux derniers réactifs ont l’avantage de décolorer fortement la laque et donner la gomme laque blanche."
Issu de Manuel pratique de Finition du Meuble, de M. DEHEURLES et F.DEBAT
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