Voici le tout début d’un livre mythique : l’Art du Peintre, Doreur, Vernisseur de Watin.
Le titre complet de l’ouvrage est très exactement :
L’Art du Peintre, Doreur, Vernisseur, Ouvrage utile aux Artistes & aux Amateurs qui veulent entreprendre de Peindre, Dorer & Vernir toutes Sortes de Sujets en Bâtiments, Meubles, Bijoux, Equipages, Etc.
Par le Sr. WATIN, Peintre, Doreur, Vernisseur, & marchand de Couleurs, Dorures & Vernis, à Paris.
La première édition date de 1778, à une époque où la France cherche à imiter les vernis de la Chine. La gomme-laque trouve alors toute son utilité et l’on définit les détails de son application, mélangée à d’autres résines.
Mythique.


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«Contrairement à cette dénomination, la gomme laque est une résine provenant de l’Inde ou du Siam ; elle se trouve sur divers arbres sur lesquels vit un insecte de l’ordre des Hémiptères. Les larves se placent sur les jeunes rameaux et insèrent leurs trompes dans l’écorce, d’où elles pompent la sève qui, dans leurs corps, se transforme en une sécrétion résineuse les incrustant rapidement.
Ces larves se développent et forment des insectes des deux sexes ; les mâles pourvus d’ailes s’échappent, tandis que les femelles n’ayant pas d’ailes terminent leur existence et pondent environ 1.000 œufs chacune. Avant la ponte il se produit une matière colorante rouge vif destinée probablement à les nourrir ; les larves se développent à leur tour, se glissent sur une nouvelle partie de la branche et ainsi de suite ; il paraît du reste que les arbres convenablement taillés ne souffrent pas de leur présence.
Quand on propage l’insecte à laque (Tachardia lacca) on coupe les rameaux avant le développement complet des larves et on les place sur de nouveaux rameaux, il y a deux pontes par an, en juillet et décembre.
D’après l’Agricultural Ledger, qui a résumé les documents traitant de cette question, les ennemis de ces insectes sont les fourmis qui attaquent les femelles pour avoir le jus sucré dont les larves se nourrissent et les papillons qui dévorent les femelles et les jeunes larves.»
Texte issu de Couleurs Peintures et Vernis de J.DESALME et L.PIERRON, édition 1922
Photo : http://www.pharm.chula.ac.th/vichien/ques-crud46/head.htm
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« La gomme laque est une matière assez mal connue qui provient, pour la plus grande partie, de l’Union Indienne (95% de la production) surtout des régions centrales : provinces de BIHAR, ORISSA, PUNJAB, SIND, BENGAL, ASSAM. 50% de la production globale viennent des provinces de BIHAR et d’ORISSA. Le reliquat provient de Birmanie, d’Indochine et du Siam.
La laque a une histoire de 25 siècles ; on en retrouve la trace des divers emplois dans la littérature en sanscrit : comme cosmétique ; dans l’épopée Indienne : comme résine ; dans les manuscrits de la Chine ancienne : comme teinture. C’est en 1596 que l’Europe entendit parler de la gomme laque pour la première fois. Elle servait surtout à teindre les bois pour leur donner une nuance brillante et rougeâtre. C’est vers 1825 que les exportations du produit firent les plus importantes en ce qui concerne la teinture, pour ensuite diminuer à partir de 1898 avec l’avènement des produits synthétiques. Par contre, avec l’industrialisation de l’Ouest, la gomme laque trouva de nombreux autres débouchés : vernis, industrie des chapeaux, meules, isolation électrique. En 1876 avec l’invention du gramophone et la fabrication des disques, la demande en gomme laque augmenta d’une façon considérable : 42 840 tonnes en 1956/57. En fait, la gomme laque est l’ancêtre des matières plastiques modernes. »
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"Le nom de gomme laque donné à cette matière est tout à fait impropre, car c’est une résine. Certains auteurs disent qu’elle est produite dans les Indes orientales, où on la recueille sur certains arbres (figuier, jujubier, croton-porte-laque) ; les femelles d’un insecte (coccus lacca) viennent se poser sur ces arbres en grande quantité, au point qu’elles se soudent entre elles avec la résine qu’elles produisent. D’autres auteurs disent que la gomme laque est le produit d’exsudation de l’arbre, exsudation qui est provoquée par la piqûre de ces mêmes insectes à la surface des branches. Wurtz, dans son dictionnaire, dit que la femelle du coccus lacca pique la branche et s’ensevelit dans le suc qui en sort.
Les amas de résine sont détachés des branches et l’on ramasse les nombreux éclats qui tombent sur le sol. Ce produit brut s’appelle alors seedlac.
L’ensemble du produit est fondu, puis coulé sur des pierres plates, où il durcit ; il est alors recueilli facilement sous formes d’écailles. La fusion se fait à chaud, dans une eau alcaline, qui sépare la cire de la résine et décolore cette dernière plus ou moins fortement selon le degré alcalin du bain. De cette façon, on obtient la gomme laque blonde, brune ou orange. La cire surnage, et la gomme laque est précipitée par un acide sulfureux. Ces deux derniers réactifs ont l’avantage de décolorer fortement la laque et donner la gomme laque blanche."
Issu de Manuel pratique de Finition du Meuble, de M. DEHEURLES et F.DEBAT
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